Programme Habitsol

Une approche innovante de l’habitat partagé, fondée sur le triptyque Autonomie, Interactions et Solidarité inter-générations

Le programme Habitsol, financé par l’Oeuvre Nationale de Secours Grande Duchesse Charlotte vise essentiellement à diversifier nos solutions d’habitats intergénérationnels.  A côté de notre modèle d’hébergement d’un jeune par une personne âgée vivant seule à son domicilie, Cohabit’âge va expérimenter un nouveau modèle économique basé sur l’acquisition en nom propre de biens immobiliers destinés à la cohabitation intergénérationnelle.

Pour les trois prochaines années, Cohabit’âge prévoit l’acquisition d’au moins 8 biens immobiliers pour loger  entre 50 et 80 personnes.

Ce programme ambitionne de favoriser l’intégration et l’inclusion sociale des personnes qui en auraient le plus besoins. Il leur sera ainsi, proposé d’intégrer des logements de qualité à un loyer modéré avec la possibilité d’occuper un espace de vie partagé qui incitera à l’entraide et à la convivialité entre les résidents.

La valeur ajoutée du projet réside dans le fait de créer une solution de logement intermédiaire entre l’accueil en institution et le maintien à domicile de personnes, souffrant de solitude tout en prévenant et anticipant la perte d’autonomie.

Genèse du projet

Tout le monde s’accorde à dire que le logement à loyer modéré est un souci majeur au Grand Duché. Souvent, nous accueillons des personnes retraitées souhaitant participer au projet, mais parfois elles ne disposent pas d’une surface habitable suffisante pour accueillir un jeune.

En même temps, nous devons  faire face à une demande sans cesse croissante de candidatures de jeunes et souvent bénéficiaires du Revenu Minimum Garantie (RMG). Aussi, les dispositions relatives à la loi applicable aux bénéficiaires du RMG rendent difficiles, voire impossibles, l’hébergement d’un bénéficiaire de RMG chez l’habitant en contre partie d’une participation financière. Confrontés à une précarité financière, l’accès au logement est encore plus compromis pour ces populations, toutes origines confondues.

De la même manière, la crise des réfugiés nous encourage à la création de nouvelles formes de solidarité et de mixité sociale.

Par conséquent, il nous fallait imaginer d’autres possibilités d’organiser la cohabitation des jeunes et des moins jeunes, qui garantissent une certaine indépendance, une autonomie, tout en favorisant la création de lien et de solidarité intergénérationnelle.

Il s’agit également d’apporter notre contribution aux défis nouveaux posés par la société contemporaine :  nouveaux modes  de vie, problématique du logement des réfugiés comme celui des résidents, affaiblissement des solidarités spontanées et intergénérationnelles, le repli sur soi, sans oublier, l’exigence de mixité sociale et générationnelle dans le bâti.

Mais aussi et surtout, il s’agit d’une réponse au vieillissement de la population. Aujourd’hui, les spécialistes estiment  à 20 % les personnes âgées accueillies en instituts spécialisés alors qu’elles sont encore valides. Résolues à entrer en établissement par manque d’alternative ou par défaut d’une  structure d’accueil intermédiaire adapté à leur attente, qui était d’abord celle d’un environnement sécurisant mais pas médicalisé, leur permettant de repousser ainsi, l’advenue de maux dont l’origine est souvent, liée à l’isolement social ou à la solitude.

Pour eux, pour leur famille mais aussi pour la sécurité sociale, ce choix contraint est très couteux et de plus les conduit souvent plus vite vers la dépendance.

Ce type  d’habitat constitue donc une réponse adaptée aux personnes encore valides qui se sentent isolées ou fragilisées et qui choisissent de quitter leur domicile pour «habiter autrement».

1- La conception architecturale

Le programme offre une solution souple, adaptable aux besoins de chacun, tout en préservant une certaine intimité.

Les logements se composent d’un appartement principal pour une personne âgée, une famille monoparentale ou personne handicapée et où on adjoint un studio, un espace pour loger un jeune, étudiant, travailleur, résident ou d’origine étrangère.

Chaque logement disposera de sa propre entrée. La première entrée donne directement sur l’appartement principal et la seconde sur le palier.

2- Pluralité typologique des logements

La taille des logements varie, elle va du T2+1 (2 pièces + 1 studio) au T2+1+1 (2 pièces + 1 studio + 1 autre studio). Chaque logement doit disposer si possible de son propre compteur électrique, le cas échéant des répartiteurs seront installés.

Le logement devra après réhabilitation adapter à la perte d’autonomie pour pouvoir accueillir des personnes de +60 ans.

La diversité typologique de l’offre et l’introduction d’une mixité des habitants sont non seulement soutenues par des arguments sociaux, intergénérationnels, économiques et de développement durable.

3-Les facilités

Le programme devra nécessairement intégrer les 3 dimensions suivantes :

  • Une dimension technique

Les logements devront être évolutifs, modulables et adaptés aux besoins du résident. Il doit tenir compte sur le plan physique, sensoriel et cognitif des besoins des résidents seniors. Les solutions domotiques y seront intégrées dés le début de la conception architecturale.

  • Une dimension environnementale

La réhabilitation des logements devra respecter le cahier des charges en matière de matériaux d’isolation et d’économie d’énergie. Cet habitat ouvert sur l’extérieur devra intégrer si possible un jardin partagé avec les autres habitants du quartier. Il faut penser « économie d’énergie, avec une isolation aux normes, un système de chauffage individuel réglable dans chaque pièce et une chaudière commune éventuellement, fonctionnant au système à basse d’énergie renouvelable.

  • Une dimension économique

Les logements sont proposés à la location à des prix modérés préservant le pouvoir d’achat des locataires, notamment en termes d’entretien et de nettoyage des parties communes.

Les logements T2 pour personnes âgées sont proposés à la location entre 500 et 800€ en fonction des revenus de la personne sans dépasser, le ⅓ du revenu net de la personne.

Les logements destinés aux jeunes sont proposés aux prix de 350 à 500€ selon les revenus du jeune sans dépasser, le ⅓ du revenu net de la personne.

4-Les commodités et les équipements

Les logements sont entièrement équipés et meublés :

  • Un coin cuisine équipé de frigo, four micro onde…
  • Un Plan de travail, lit, armoire et rangement
  • Salle de douche avec WC, lavabo
  • Une prise d’antenne de télévision
  • Placer un revêtement antidérapant.
  • Prévoir le passage d’une chaise roulante dans les corridors et entre les meubles.
  • Placer des portes larges et avec clinches à bonne hauteur.
  • Penser « flexibilité » : permettre des adaptations ultérieures des modules d’habitation si l’état de santé de la personne âgée venait à se dégrader.
  • Veiller à la bonne intégration architecturale et urbanistique des constructions au bâti existant afin de les insérer harmonieusement dans le quartier.
  • Des espaces communs : buanderie, ludothèque, salle informatique et jardin potager si possible.

Cet espace pourra servir également de lieu de réunion temporaire pour les résidents comme pour les associations de la commune pour favoriser la rencontre et pour développer des activités qui favorisent l’intégration et l’inclusion sociale. On pourrait notamment y organiser des cours de langue, des activités sportives, des ateliers d’information et ou d’initiation à l’informatique ect.

5-Le volet social et la gestion de proximité intergénérationnelle

Le projet architectural devra faciliter et favoriser les rencontres volontaires. Les échanges et la solidarité intergénérationnelle sont au coeur du projet. Le découpage interne des appartements devrait permettre, à une échelle plus fine, d’agencer les appartements de manière à leur conférer une fonctionnalité optimale favorisant les rencontres. La relation entre les générations peut s’établir sur un mode gagnant/gagnant. Ces notions seront rappelées dans la charte locative de bon voisinage, remise à chaque locataire et affichées dans les parties communes.

  • Animations et activités rassemblant les générations

Le rôle de l’association sera aussi d’assurer une fonction d’animateur de la maison intergénérationnelle. Il pourrait être organisé des ateliers ou de rencontres du type « Papys et mamys conteurs » (récits de vie) facilitant les contacts entre générations, des ateliers numériques et initiation à l’informatique, ateliers tricots etc.

  • Développer le Mentorat à l’intégration

Les personnes seniors joueront le rôle  de MENTOR à l’intégration et l’inclusion sociale, pour les personnes ressortissantes de pays tiers ou résidents, intéressées pour cette forme d’accompagnement.

A titre indicatif voici quelques exemples de services échangeables (liste non exhaustive)

Quelques services que peuvent fournir les seniors aux jeunes ou mères seules :

  • Garde des enfants pour une mère seule, ou à la sortie de l’école lorsque les parents ont un retard…
  • Petits travaux de couture, d’ourlet, de rideaux…
  • Réception d’un recommandé postal…
  • Conseils bricolage, jardinage…
  • Coaching de langue et aide à l’employabilité…
  • Aide à l’intégration culturelle et à une connaissance de la société luxembourgeoise…
  • Transmission de l’histoire

Quelques services que peuvent fournir les jeunes aux seniors (liste non exhaustive) :

  • Déplacements motorisés occasionnels pour formalités, administratives, courses …
  • Initiation à l’informatique,
  • Promenade et sorties culturelles,
  • Sécurisation et veille permanente,
  • Changement d’ampoule,
  • Écoute
  • Petites courses à la pharmacie ou autres,

Candidater

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